Un symbole universel
L’homme aux bras levés :
un désir d’immortalité
Le vitrail central de l’abside — la baie 0 — montre un homme aux bras levés, déjà présent dans la première section inférieure de la composition. Ce motif n’est ni insignifiant ni banal : il se réfère à une thématique d’une grande portée.
Deux aspirations traversent l’humanité : la connaissance et l’immortalité. La seconde s’exprime souvent par cette figure aux bras levés. Selon Mircea Eliade, lorsque le chaman adopte cette position pendant les cérémonies, il s’exclame : J’ai atteint le ciel. Je suis immortel.
Ce motif universel traverse les âges, les latitudes, les mythes et les religions : gravure rupestre des Ve–VIe siècles av. J.-C. à Foppe di Nadro, dans la Valcamonica en Italie ; orant quimbaya en Colombie ; figure en prière du VIIIe siècle av. J.-C. au Luristan, en Perse ; chaman d’Angra en Sibérie ; ancêtre mythique chez les Dogons du Mali, en Nouvelle-Guinée et, dans l’Égypte ancienne, le Ka.
Certains peintres contemporains ont repris cette image. En 1981, Keith Haring réalise une œuvre de grandes dimensions — 2,438 × 2,438 m — à l’encre vinyle sur bâche vinyle, représentant elle aussi une effigie humaine levant les bras vers le ciel.